Cent ans de solitude, Netflix (saison 2)

Cent ans de solitude, Netflix (saison 2)

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Je gardais un très bon souvenir de la première saison de Cent ans de solitude, qui m’avais marquée avant tout par son ambition et par les moyens apportés par Netflix pour la concrétiser. La suite et fin de la mini-série créée par Alex Garcia Lopez et Laura Mora est arrivée et c’est avec plaisir que j’ai lancé ces huit épisodes supplémentaires. Premier constat, la technique n’a pas diminué comme cela arrive parfois pour des créations ambitieuses et le Macondo imaginé pour les besoins de l’histoire est toujours aussi somptueux. Les décors naturels fonctionnent très bien et dans cette saison du déclin, leur destruction progressive ou soudaine est toujours excellente. Vraiment, je l’avais déjà souligné, mais il faut saluer le travail mené ici et reconnaître que Netflix a su porter l’ambition de cette version jusqu’au bout. C’est rare de nos jours de voir une œuvre aussi originale et qui maintient son originalité du début à la fin, avec ici un final aussi radical qu’on pouvait l’envisager.

Sur le fond, j’ai trouvé cette deuxième saison bien déprimante. Ce n’est pas une critique en soi, et peut-être que je ne me souviens pas bien des huit premiers épisodes, diffusés il y a près de deux ans. Dans mon souvenir toutefois, Cent ans de solitude était plus optimiste, malgré un fond toujours mélancolique et de nombreux obstacles. Cette fois, c’est vraiment une descente en enfer qui n’en finit jamais, ce qui peut être un petit peu plombant à la longue. Pour autant, j’ai beaucoup aimé tout l’arc narratif des bananes : c’est une démonstration assez brillante du fonctionnement du capitalisme et de ses méfaits. La séquence de la fusillade est par ailleurs d’une telle puissance : c’est l’un des plus grands moments que j’ai pu voir depuis longtemps dans une série et elle justifie à elle seule de regarder l’ensemble. À défaut d’être originale, la mise en scène qui fait appel à l’imaginaire des camps de concentration est d’une efficacité redoutable. À plusieurs reprises pendant la saison, j’ai été bluffé par ce que je voyais, ce qui est bien trop rare au quotidien. Rien que pour cette raison et en dépit de quelques défauts1, je recommande sans hésiter la version proposée par Netflix de Cent ans de solitude. Ce n’est pas si souvent que cela arrive, et cela mérite amplement d’être mis en avant.


  1. En particulier, pourquoi est-ce que le corps féminin est le seul qui est montré aussi clairement et aussi régulièrement ? Le male gaze m’a semblé intense dans cette saison, sans que je ne comprenne très bien la motivation. ↩︎

Informations

Toutes les saisons

Titre original : Cien años de soledad

Année : 2026

  • Nationalité :
  • Colombie
  • Genres :
  • Drame
  • Science-Fiction & Fantastique

Durée : 8 épisodes de 57 à 103 minutes