
Le Délicieux Professeur V., Netflix
Le Délicieux Professeur V. ressemble à une énième comédie romantique sans grand intérêt. Pour autant, l’adaptation par Julia May Jonas de son propre roman pour Netflix n’est pas aussi banale qu’on pourrait le croire initialement. Tout commence par la fin, un classique, avec une scène bien mystérieuse dans un chalet, un homme en sous-vêtement retenu sur une chaise et une femme à ses côtés. Six semaines plus tôt, on reprend l’histoire au début, quand « M », la narratrice qui n’hésite jamais à s’adresser aux spectateurs face caméra, découvre son nouveau collègue canon. Cette professeure de lettres à l’université se sent délaissée par son mari depuis bien des années et Vladimir est non seulement beau garçon, il s’intéresse à elle. C’est le coup de foudre de son côté et il ne semble pas non plus indifférent à ses charmes. La banale histoire d’amour semble alors inéluctable… mais ce n’est pas aussi simple. L’idée qui traverse les huit épisodes tient justement dans le point de vue interne choisi par la création Netflix. On a la vision de M, jamais celle de Vlad, si bien que l’on ne sait jamais ce qu’il ressent exactement. Ses sentiments sont-ils réciproques ? Ce n’est pas si simple et c’est tout l’intérêt.
Sans aller jusqu’à écrire que c’est une grande série qui mérite absolument le détour, Le Délicieux Professeur V. est une œuvre plaisante, surtout grâce au talent de ses acteurs. C’est surtout Rachel Weisz, qui prend un malin plaisir à incarner M, qui en impose à l’écran. L’actrice s’en donne à cœur joie pour jouer cette professeure qui semble avoir toujours vécu dans l’ombre de son mari et qui se fait une idée d’elle-même bien différente de la réalité. Elle offre à son personnage une palette de jeux assez riche et même si j’ai trouvé les déclarations face caméra un poil lourdes, son personnage fonctionne vraiment bien. À ses côtés, Leo Woodall est également très bien, pas seulement pour jouer un bellâtre, mais aussi pour rester dans cet entre-deux, entre séduction et innocence. On ne sait jamais sur quel pied danser, comme M d’ailleurs, et c’est ce qui fait tout le sel de la mini-série.