
Unchosen, Netflix
Unchosen ne semblait pas très original sur le papier : une plongée dans une secte réactionnaire et fermée, on a déjà souvent croisé le sujet. Néanmoins, j’ai laissé une chance à la série Netflix, attiré notamment par le casting et en particulier la présence d’Asa Butterfield, tant apprécié dans Sex Education. Son rôle est ici diamétralement opposé, du moins c’est ce que l’on peut croire initialement : il y incarne un membre éminent de cette communauté religieuse, un jeune mari rigide et sévère, et pas du tout l’élève attentionné et ouvert sur les questions sexuelles. Le résultat s’est toutefois avéré assez décevant. La création de Netflix reste divertissante et avec six épisodes seulement, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le problème pour moi, c’est que tout est exagéré. Non seulement la secte est hyper sectaire, avec un système patriarcal qui étouffe les femmes, tout en permettant aux hommes de vivre comme ils l’entendent bien sûr, mais les scénaristes ont ajouté un élément perturbateur hyper caricatural. Sans trop en dire, pourquoi le personnage de Sam, interprété par Fra Fee croisé dans Lost Boys and Fairies, devait-il être si méchant et suivre un arc si destructeur ? Je trouve qu’à force de tirer, le scénario tombe dans l’absurde et on a du mal à croire à cet univers et les personnages. C’est d’autant plus dommage que la série créée par Julie Gearey ne manquait pas d’idées à creuser.
Il y a tout un aspect lié à la sexualité, et notamment à l’homosexualité, qui est effleuré sans être réellement traité. J’ai eu l’impression parfois qu’Unchosen passait à côté de son vrai sujet. Entre Sam et Adam, il pourrait y avoir une connexion à creuser, au lieu d’en faire une simple péripétie de plus. En calmant les histoires de meurtres et les complots et en se concentrant davantage sur les personnages et leur psychologie, je crois que la mini-série de Netflix aurait pu être bien meilleure. À défaut, on a un divertissement bien mené dans l’ensemble, avec de bons acteurs et quelques plans réussis. Mais pas de quoi recommander le projet pour autant. Dommage.